L’économie indienne a amorcé une politique de privatisation à partir de 1990, soit bien après la Chine. Le Produit Intérieur Brut, actuellement de plus de 1 000 milliards de dollars, s’accroît à un rythme certes inférieur à celui de la Chine mais le pourcentage d’augmentation reste élevé, de l’ordre de 8 %, ce qui est considéré toutefois insuffisant compte tenu de l’accroissement démographique. La croissance est forte traditionnellement dans les services mais se constate aussi désormais dans le secteur manufacturier. L’Inde ne devient pas seulement le laboratoire du monde comme on l’a dit mais aussi un atelier du monde, au même titre que la Chine bien qu’à un rythme plus lent. Ses réserves de change s’élèvent à plus de 200 milliards de dollars. L’Inde est désormais la quatrième puissance économique du monde, après les États-Unis, l’Allemagne et le Japon. Vers 2020, elle pourrait passer à la troisième place devant le Japon mais loin derrière les États-Unis et la Chine. Son essor est dû au développement du secteur privé où dominent des sociétés très compétitives, bien gérées et à un secteur bancaire moderne et efficace. Le nombre d’industries protégées a diminué. Toutefois, la privatisation marque le pas à cause de l’opposition des communistes qui même en perte de vitesse conservent de l’influence. Pour la même raison, la législation du travail, actuellement trop contraignante, ne peut être modifiée. Très rigide, elle rend difficile les licenciements et dissuade les investisseurs nationaux et étrangers. Bien que pouvant gouverner sans alliance, la formation au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (Parti du peuple indien), n’arrive pas à faire voter une loi imposant une taxe à la valeur ajoutée ; de ce fait la fiscalité reste disparate, différente d’un Etat à l’autre et obsolète. De plus, l’assiette fiscale est faible, les revenus agricoles échappant à l’imposition.